• Séverine

Sur la route, le 11 juillet 2020

Aggiornato il: set 30

Un mois déjà en France. Nous voyageons malgré le virus, comme beaucoup, inconscients, égoïstes, vivants.



Ambiance aux antipodes d'une ville à l'autre.


A Milan, le port du masque est encore obligatoire partout, même dans la rue. Les amis préfèrent éviter le restaurant où ceux qui ne vivent pas sous le même toit ne peuvent partager la même table. Et je me pose à nouveau la question du 'date' en cette période (voir post du 18 avril : https://www.enfermeeavenise.com/post/venise-le-18-avril-2020 ).


A Cannes, les personnes âgées se promènent presque toutes masquées. Le masque est conseillé dans les commerces, obligatoire dans les bus. La mer est transparente, les grains de sable plus épais que dans mon souvenir, le manège n'a pas changé depuis mon enfance, les restaurants toujours hors de prix. Heureuse d'avoir passé un mois près de mes parents, ce n'était pas arrivé depuis...vingt ans ? Belle parenthèse, sereine. Je suis devenue adulte apparemment.


A Marseille, on dirait que le virus n'a jamais existé. Cours Julien, gens agglutinés sur les terrasses, débris de verre, bagarre d'ivrognes. Les Marseillais se croient-ils immunisé par la crasse ou par la grâce du professeur Raoult ?


Lyon, jolies perspectives vers les collines, belle atmosphère, masque obligatoire dans les commerces et lieux publics. Masques élégants, comme à Padoue. A l'entrée du restaurant, un portique diffuse un nuage de désinfectant parfumé.


Qu'avons-nous appris de cette période de confinement ?

A faire notre pain et fabriquer des cuisines en carton.... Enfin presque.

Les joies d'être en famille, les pétages de plomb aussi.

A quel point l'école est fondamentale non seulement pour les enfants, mais pour les parents, pour notre santé mentale, pour la société dans son ensemble. Professeurs, je vous aime !

Que les masses sont dociles et que j'en fais partie.

Toute cette histoire de virus aurait sans doute été sous contrôle avec un hôpital public de qualité, une quantité suffisante de lits, de respirateurs, de masques. La paupérisation touche les états, comme les individus.

Si l'Europe avait immédiatement imité l'Italie lorsqu'elle se confina, si les autorités avaient compris que le virus circulait déjà partout et vite, si l'Europe disposait d'un pouvoir exécutif réel, si...


Nous remontons l'autoroute du soleil, quasiment aucun Hollandais sur la route. Ils respectent la consigne de rester chez eux.

Contrairement à nous, toujours en mouvement, Juifs errants. Nous ne savons toujours pas où vivre. Mais nous savons comment. Ensemble, heureux, libres. Et de preference en tongues.


Extrait de Alyah d'Eliette Abecassis

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