• Séverine

Venise, le 28 mars 2020



Des gondoles échouées sur le bitume. Métaphore de Venise vidée de ses touristes. Ambivalence. Les Vénitiens apprécient peu les touristes mais ils en ont besoin. Quand reviendront-ils ?

En arrivant dans ce chantier naval, un atelier de Kintsugi, art japonais de réparer et sublimer les fêlures des porcelaines brisées. Symbole de résilience. Après, quand nous pourrons à nouveau sortir, saurons-nous rendre belles nos blessures ?


En février, les foires, événements et matches de foot ont sans aucun doute participé à la propagation de la maladie. Lineapelle, Micam, Mipel à Milan. Fashion Week à Milan et à Paris. Atalanta-Valencia à Bergame. OL-Juventus à Lyon. Pour ne citer que ceux dont j’ai entendu parler. A Milan, il Salone – le salon du meuble, rendez-vous du design mondial et des apéritifs délicieusement surpeuplés – prévu en avril et reporté au mois de juin, vient d’être annulé. Venise espère encore repartir fin aout avec l’ouverture de la Biennale d’architecture et de la Mostra du cinéma. Ces rendez-vous risquent d’attendre.

Une étude scientifique estime que pour lutter contre le virus, il faudrait restreindre ses activités sociales de 75% pendant les dix-huit prochains mois. Dix-huit ! La durée m’a assommée. Mais si au lieu d’imaginer un confinement trois semaines sur quatre, on imaginait réduire toutes les activités hebdomadaires ? L’école se limiterait ainsi à trois matinées par semaine. Le travail également. Une seule activité parascolaire. Un resto entre potes par mois. Un voyage par an. Réduire la promiscuité dans les transports en commun, supprimer les heures de pointe, diversifier les horaires de travail. Travailler moins pour gagner moins. Le revenu universel. Après la peste, le bonheur ?



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