• Séverine

Venise, le 15 mars 2020

Aggiornato il: mar 18

La lagune bleu profond, le ciel limpide. Le printemps arrive. Que Venise est belle. Sans paquebots, sans bateaux à moteur, sans hordes de touristes. Quelques promeneurs par cette belle journée. Mon chien sautille parmi les petites fleurs sauvages. La vue sur le bassin de San Marco est époustouflante.



Venise a une histoire intime avec l’isolement. La ville fut créée pour se protéger des invasions lombardes, pour s’isoler. Le principe de la quarantaine fut appliqué à Venise dès la fin du quatorzième siècle : les bateaux venant de ports où sévissait la peste devaient attendre quarante jours avant de pouvoir débarquer. Les pestiférés étaient installés dans des lieux à l’écart, les lazzari. Le souvenir de la peste reste très présent ici. Au mois de juillet, la fête du Redentore marque la fin de la peste des années 1575-77. En novembre, la festa della Salute commémore la peste bubonique de 1630-31. Venise perdit le tiers de sa population, soit près de cinquante mille morts, à chaque fois. Lors de ces deux fêtes les Vénitiens créent un pont temporaire, un pont votif, qu’ils traversent pour se recueillir. Un pont sur le canal de la Giudecca pour arriver à l’église du Redentore et un pont sur le grand canal pour rejoindre la basilique de la Salute. Arrivant de Tel Aviv, j’avais souri à l’idée de vivre dans une ville qui se fête en construisant des ponts et non des murs. J’aimais surtout me sentir protégée sur ma petite île, loin des soubresauts du monde. Cet isolement m’était rassurant.


Vivre à Venise est une expérience très particulière. Chaque fois que je traverse le pont de la Liberté en direction de Venise, je remonte le temps de quelques siècles. Les palais, la lumière, l’eau ; mais surtout l’obligation de marcher. Ici on marche tout le temps, dans les rues et sur les ponts, même sous la pluie, même avec une poussette, même avec les courses, même pour jeter les poubelles. Le rythme de la vie en est ralenti, on croise des voisins ou des amis en permanence. Une vie de village quand les villages sont souvent devenus des cités dortoirs. Ces jours-ci, il est interdit de marcher. Mais pas de courir. Les embarcations à rame sont autorisées mais pas celles à moteur. Incohérences. L’eau de la lagune est magnifique. Si le confinement se prolonge, cet été nous pourrons nous y baigner. A la claire fontaine m’en allant promener….

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