• Séverine

Venise, le 10 mars 2020

Aggiornato il: mar 13

Migraine. Je suis restée à la maison aujourd'hui, par flemme aussi. L'amie d'Anna n'est pas venue jouer à la maison cet après-midi, nous avons préféré les faire jouer dehors, sur le campo.

Hier Claudia, une des mères du campo, guide de musées, ronde et élégante, justifiait notre enfermement par le fait que jusqu'ici nous nous sommes complètement foutus de la maladie. Nous avons continué à sortir, à boire des coups, à vivre comme si de rien n'était. Ce matin, je l'ai finalement entendue. Oui, la situation est grave et nous devons respecter l'isolement, pour nous-mêmes et pour les autres. Je réalise que mes projets d'activités communautaires ne se feront pas. Non les enfants ne doivent pas être en contact, enfin pas trop.


La prison de Venise a presque brûlé aujourd'hui suite à une révolte des prisonniers, entraînant la fermeture du pont de la Liberté qui relie la cité des doges à la terre ferme. Si facile d'isoler Venise. Sur notre petite île de la Giudecca, des carabinieri auraient patrouillé sur la fondamenta, demandant aux passants ce qu'ils faisaient dehors. L'étau se resserre.


Ce matin, dispute avec Uri qui etait inquiet d'avoir acheté les mauvaises croquettes pour notre chien et ne supportait pas mon je m'en foutisme. Moi confiante en Drago, ou indifférente ?


Je suis occupée et préoccupée par le sevrage de Lio. Moi qui étais dégoutée par l'allaitement à vingt ans, je n'arrive pas à le décrocher de mon sein. Je voudrais dormir. J'ai peur pour lui. Pour moi aussi. Comme si l'allaitement prolongeait la procréation ; arrêter signifie la fin, la dernière fois. La ménopause presque. Vieillir surement.

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